section header FR

 Halifax Convention Centre, 1650 Argyle Street, Halifax, Nouvelle Écosse
4-5 juin, 2019  

Facteurs de bioaccumulation aquatiques et terrestres mesurés sur le terrain pour les SPFA
Nava Garisto, Elham Arbaban, Adam Dawe, Courtney Guay
Arcadis Canada Inc.
L’objectif de cette présentation est de fournir des facteurs de bioaccumulation (FBA) pour de multiples milieux et biotes en appui aux évaluations des risques. Les tendances relevées dans cette étude aideront à orienter la direction des études sur le terrain à venir en ce sens qu’elles clarifient les endroits où il y a des incertitudes dans les facteurs de risques critiques.
Abstract

Les évaluations des risques écologiques et pour la santé humaine nécessitent des données sur les niveaux de contaminants dans les milieux abiotiques et biotiques. Si ces données sont manquantes dans le milieu biotique, il est souvent possible de les obtenir à l’aide des concentrations abiotiques et des facteurs de bioaccumulation (FBA).

Pour de nombreux contaminants organiques, il est possible d’obtenir des FBA de leur coefficient de partage n-octanol/eau (Koe). Par contre, cette méthode n’est pas appropriée pour les composés des substances per- et polyfluoroalkyles (SPFA) qui sont des acides forts, comme des acides forts présents dans les catégories de composés des acides perfluorocarboxyliques (APFC) et des sulfonates perfluoroalcanes (SFPA). Ces acides perfluoroalkyliques (APFA) existent habituellement dans la nature comme espèces anioniques et la méthode Koe n’est pas pertinente. De plus, comme de nombreuses SPFA se lient aux protéines plutôt qu’aux lipides, la méthode Koe ne serait pas une mesure appropriée de leur potentiel de bioaccumulation. Par conséquent, nous avons obtenu des FBA au moyen de mesures sur le terrain dans un grand bassin hydrographique.

Ces mesures ont été utilisées pour évaluer le comportement des SPFA dans l’environnement et pour obtenir une compréhension des principaux paramètres qui contrôlent le transfert des SPFA du milieu abiotique au milieu biotique.

En particulier, les échantillons colocalisés des tissus de biote et du milieu environnemental abiotique ont été utilisés dans le calcul des FBA. Les FBA n’ont été calculés que pour les paramètres ayant une concentration détectée dans les échantillons abiotiques (p. ex., le sol, les eaux de surface et les sédiments). Les échantillons de tissus de biote qui suivent ont été prélevés et analysés pour détecter la présence d’APFC C4 à C14 et de SFPA C4, C6, C8 et C10 ainsi que de sulfonamides de perfluorooctane (SPFO) :

  • espèces de plantes terrestres : herbe, feuilles, fourrage et petits fruits;
  • invertébrés terrestres : ver de terre;
  • espèces de plantes aquatiques : quenouilles, macrophyes et herbe;
  • espèces d’invertébrés aquatiques : espèces benthiques et écrevisses;
  • poissons : 10 espèces de poissons.

Les FBA qui suivent ont été élaborés pour les paramètres de la SPFA : 1) du sol aux plantes terrestres; 2) du sol aux vers de terre (FBA sol-plantes); 3) des eaux de surface aux poissons (FBApoisson); 4) des sédiments aux poissons (SPFApoisson); 5) des eaux de surface aux plantes aquatiques; 6) des eaux de surface aux invertébrés aquatiques et 7) des sédiments aux invertébrés aquatiques.

Les principaux résultats indiquent ce qui suit :

Les FBA dérivés suggèrent une augmentation du potentiel de bioaccumulation des SPFA avec une augmentation de la longueur de la chaîne. Il s’agit d’une observation générale dans l’ensemble des espèces biologiques et elle confirme les études précédentes.

Pour les poissons, les FBA ont été estimés en fonction de l’analyse des poissons entiers et des filets de poissons, ce qui les rend utiles pour l’évaluation des risques pour la santé humaine et écologiques, respectivement. Les résultats indiquent une accumulation importante de SPFA dans les organes internes résultant en des FBA plus élevés dans le corps entier comparativement aux filets.

Il est intéressant de noter qu’habituellement, les SFPA démontrent un potentiel de bioaccumulation plus élevé que les APFC.

Les résultats de la présente étude confirment également les tendances précédentes indiquant que l’accumulation de sulfonate de perfluorooctane (SPFO) dans les gros poissons sont plus importantes que chez les petits poissons.

Nava Garisto, chef de file national de la discipline et directeur du groupe de risque, ARCADIS
Le Dr Nava Garisto est un expert en matière de risque reconnu à l’échelle internationale ayant plus de 33 années d’expérience dans la gestion de projets sur les risques environnementaux complexes et de grandes envergures au Canada, en Europe et aux États-Unis. Dr Garisto a géré des évaluations des risques écologiques et pour la santé humaine pour une variété d’industries et de sites contaminés, y compris des sites contaminés aux SPFA, des centrales nucléaires (p. ex., Pickering, Darlington, Bruce Power et Énergie NB Power), des raffineries et des sites de fabrication (p. ex., installations de Cameco) ainsi que des sites éventuels d’élimination des déchets, d’anciennes raffineries et des travaux municipaux.

Absorption par les tissus des invertébrés du sol et des plantes terrestres de SPFA dans une ancienne aire d’entraînement de lutte contre les incendies – comparaison des facteurs de bioconcentration dans la documentation et ceux sur un site particulier et les répercussions pour la dérivation des niveaux ciblés au site particulier
David Tarnocai1, Lisa McDonald2, Scott Greenwood3
1SNC-Lavalin Inc.
2Transports Canada
3Environnement et Changement climatique Canada 
L’objectif de cette présentation est de fournir les résultats de l’absorption des SPFA du sol aux invertébrés et aux plantes terrestres sur un site précis, l’absorption des SPFA prévue par les tissus des plantes et des invertébrés par rapport à la longueur de la chaîne de carbone des SPFA, la comparaison avec les valeurs publiées, l’effet des différences que les facteurs de bioconcentration (FBC) dans la documentation et ceux sur le site précis peuvent avoir sur les niveaux cibles propres au site de SPFA et les facteurs à tenir compte dans la sélection des FBC publiés lorsque l’établissement des FBC propres au site ne représente pas une option viable.
Abstract

On a évalué l’absorption de substances per- et polyfluoroalkyles (SPFA) sélectionnées dans des plantes terrestres et des invertébrés du sol au moyen d’un programme d’échantillonnage en appui à une évaluation des risques écologiques effectuée à une ancienne aire d’entraînement de lutte contre les incendies (AELI). Les activités d’entraînement de lutte contre les incendies sur les lieux de l’évaluation ont eu lieu environ du début des années 1960 au début des années 1990, au cours desquelles il y a eu une application de mousse à formation de pellicule aqueuse (mousse AFFF) contenant des SPFA au cours d’une partie ou de l’ensemble de la période opérationnelle de l’AELI et a résulté en la présence actuelle de SPFA dans une variété de milieux sur la propriété de l’AELI, y compris les tissus biologiques. Les incertitudes des modèles d’évaluation des risques liées à l’imprégnation des tissus aux SPFA ont été réduites en mesurant les concentrations d’échantillons de sol-invertébrés-plantes co-localisées afin de déterminer les facteurs d’imprégnation propres au site. Les facteurs de bioconcentration (FBC) du sol aux tissus ont été calculés pour les invertébrés du sol (« vers de terre » et « vers blancs » composé de l’espèce Phyllophaga) et des parties de plante au-dessus du sol. Les FBC pour 13 SPFA, consistant en neuf acides perfluorocarboxyliques (APFC) C4 à C12 et de quatre sulfonates perfluoroalcanes (SFPA) C4 à C8, y compris les sulfonamides de perfluorooctane (SPFO), ont été calculés pour les paires d’échantillons tissus végétaux-sol et sol-invertébrés du sol.

Les FBC des plantes terrestres fondés sur le poids sec moyen ont dépassé l’unité, sauf pour l’acide perfluorodécanoïque (APFD) (APFC C10 avec un FBC de 0,9) et il a diminué d’environ 2,8 selon un ordre de grandeur allant d’un FBC moyen maximal associé à l’acide perfluorobutanoïque (APFB) (APFC C4). De même, les FBC des SFPA des plantes fondés sur le poids sec moyen dépassent l’unité et diminuent selon un ordre de grandeur de l’acide sulfonique perfluorobutane (ASPF) (PSFA C4) au sulfonate de perfluorooctane (SPFO) (PSFA C8).

Les FBC des invertébrés terrestres fondés sur le poids sec moyen dépassent le 10. Pour l’APFC, un FBC moyen en « forme de U » par rapport à une augmentation de la relation de la longueur de la chaîne d’APFC a été déterminé, avec des FBC maximaux associés à l’acide perfluoroundecanoïque (PFUdA) (SFPA C10) et l’acide perfluorododecanoïque (PFDoA) (SFPA C12). Les FBC moyens des SFPA ont diminué avec l’augmentation de la longueur de la chaîne de carbone de SFPA, avec le FBC le plus faible associé à la SPFO.

Le modèle d’absorption des SPFA dans les plantes terrestres et les invertébrés du sol lié à la longueur de la chaîne de carbone des SPFA était similaire aux associations fondées sur la documentation, bien que, notamment, les FBC propres au site avaient généralement une ampleur plus élevée que les valeurs fondées sur la documentation. Cet écart peut être en partie un produit des différences dans les propriétés du sol et les concentrations de SPFA dans le sol initiales sur le site par rapport aux études documentaires.

Ces résultats démontrent l’importance de la dérivation de l’absorption propre au site dans l’évaluation des risques plutôt que le fait de se fier sur des FBC fondés sur la documentation lorsqu’on effectue la modélisation de la bioamplification. Lorsqu’on calcule un niveau cible propre au site de SPFA en fonction des FBC provenant de la documentation, l’évaluation des conditions d’analyse sous lesquelles les FBC ont été obtenus par rapport aux conditions du site, et l’applicabilité du compartiment végétatif utilisé pour obtenir les FBC provenant de la documentation par rapport à la voie d’ingestion de l’exposition dans l’évaluation des risques nécessite un examen pour éviter une surestimation ou une sous-estimation involontaire du niveau cible propre au site.

David Tarnocai, évaluateur principal des risques, SNC-Lavalin Inc.
David Tarnocai, M. Sc., P. Geo., est un évaluateur principal des risques ayant plus de 25 ans d’expérience. M. Tarnocai est une personne qualifiée pour effectuer des évaluations environnementales de sites (PQEES) et des évaluations des risques (PQER) dans la province de l’Ontario, au Canada. Il possède une vaste expertise en évaluation et en assainissement environnementaux des sites, en évaluation de la santé humaine et du risque écologique (ESHRE) et en gestion de projet environnemental. Ses domaines d’expertise particuliers comprennent l’hydrogéologie des contaminants, la restauration des sites, l’ESHRE, la préparation de contrats et d’appels d’offres liés aux travaux environnementaux. M. Tarnocai a de l’expérience dans l’évaluation des sites terrestres et aquatiques ainsi que de l’évaluation et de la restauration des propriétés contaminées par divers contaminants, y compris les substances perfluoroalkylées (SPFO, APFO et autres sulfonates perfluorocarboxylates et perfluoroalkyliques). Il a évalué les conditions environnementales sur plus de 200 sites, y compris des propriétés industrielles actives et anciennes (centrales électriques, installations de conditionnement du pétrole, installations ferroviaires), les aires d’entraînement de lutte contre les incendies, les aires de neutralisation des explosifs et munitions, les champs de tir, les aires d’entreposage du pétrole et les installations de distribution (stations-service, terminaux de carburant en vrac, aéroports, installations de camionnage, marinas et ports) les sites d’élimination des déchets et les sites d’enfouissement. M. Tarnocai a géré ou effectué des projets environnementaux au Canada, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud dans des milieux allant de milieux urbains de haute densité, au désert, à la jungle tropicale et aux régions éloignées du Nord.

Évaluation des risques des SPFA en appui au réaménagement des friches industrielles
Krista Barfoot et Henry Yee
Jacobs
L’objectif de cette présentation est de décrire les niveaux de dépistage et les valeurs de toxicité des SPFA qui peuvent être appliqués pour appuyer l’évaluation des risques, ainsi que les modèles conceptuels d’exposition écologique et pour la santé humaine applicables pour évaluer les SPFA dans une friche industrielle.
Abstract

Au Canada, l’enquête sur les substances per- et polyfluoroalkyles (SPFA) jusqu’à maintenant a été largement axée sur les aires d’entraînement de lutte contre les incendies (en particulier celles qui sont associées aux aéroports et les bases militaires) en raison de l’utilisation de mousse à formation de pellicule aqueuse (AFFF). Par contre, l’étude de la présence de ces paramètres et des risques potentiels qui y sont associés s’étend maintenant au-delà de ces sites afin d’inclure l’évaluation à l’appui de la gestion des déchets (p. ex., le lixiviat des sites d’enfouissement et les biosolides) et du réaménagement des friches industrielles. La présence possible de SPFA sur les friches industrielles a des répercussions sur leur réaménagement puisque les moyens d’évaluer les risques associés à ces contaminants émergents, et le traitement des sites au moyen de cadres réglementaires applicables, sont en grande partie indéfinis. Même si la recherche, les données et les renseignements évoluent rapidement sur la toxicologie des SPFA, ainsi que sur le destin et le transfert de ces paramètres dans l’environnement, les valeurs de dépistage réglementaires et les approches d’évaluation des risques accusent un grand retard.

Cette présentation examinera l’approche par laquelle l’évaluation des risques écologiques et pour la santé humaine peut être effectuée pour une friche industrielle en Ontario sur laquelle de la mousse AFFF a été appliquée au cours d’un incendie historique. À l'heure actuelle, la réglementation des friches industrielles en Ontario ne comprend pas de directives ou de normes réglementaires propres aux SPFA. L’examen décrira les niveaux de dépistage et les valeurs de toxicité qui peuvent être utilisés pour appuyer l’évaluation des risques, ainsi que les modèles conceptuels d’exposition écologique et de la santé humaine nécessaires pour effectuer des évaluations des risques. En effectuant le processus d’évaluation des risques pour le site, il est possible d’établir un cadre viable pour l’évaluation et la remédiation des SPFA dans les friches industrielles.

Krista Barfoot, technologue principale des friches industrielles, Jacobs
La Dre Krista Barfoot est une technologue principale des friches industrielles qui a plus de 23 années d’expérience dans l’industrie. Elle est une personne qualifiée pour l’évaluation des risques en vertu du Règlement de l’Ontario 153/04, la présidente du Comité des friches industrielles de la Ontario Environmental Industry Association (ONEIA), une membre du sous-comité sur l’excédent des sols de l’ONEIA et une membre du conseil d’administration du Canadian Brownfields Network. L’expertise technique de la Dre Barfoot comprend l’évaluation des risques pour la santé humaine, l’intrusion de la vapeur, la gestion de l’excédent de sol, les liquides de la phase non aqueuse (LPNA), les mesures d’atténuation des risques et la communication avec les intervenants. Elle travaille activement à l'élaboration de l'approche stratégique pour la revitalisation de plusieurs grandes friches industrielles de prestige en Ontario.

Questions fr

fb icon   Twitter icon   linkedIn icon