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Techniques de confinement des contaminants et d’assainissement des sols appliquées aux sites pergélisolés
Andrew Thalheimer, Indra Kalinovic et Laura Tupper-Ring
Dillon Consulting limitée
L'objectif de cette présentation est de donner un aperçu de la publication en instance qui fait état de recommandations sur la façon d’aborder la question des sites contaminés dans les régions pergélisolées au Canada et plus précisément, des sites où le dégel du pergélisol aura probablement une incidence sur l’approche à la fermeture de sites ou à la conclusion de travaux d’assainissement ainsi qu’aux mesures de gestion des risques qui dépendent du pergélisol comme barrière à la migration de contaminants. 
Abstract

Prenant acte du réchauffement climatique et de ses effets sur le pergélisol, le Groupe de travail sur les recommandations pour la qualité du sol et le Groupe de travail sur le pergélisol du Conseil canadien des ministres de l’environnement (CCME) ont entrepris un projet en plusieurs phases visant à formuler des recommandations sur les techniques de confinement de contaminants et d’assainissement de sites adaptées aux régions pergélisolées. La présentation que voici donne un aperçu de la publication en instance qui fait état de recommandations sur la façon d’aborder la question des sites contaminés dans les régions pergélisolées au Canada et plus précisément, des sites où le dégel du pergélisol aura probablement une incidence sur l’approche à la fermeture de sites ou à la conclusion de travaux d’assainissement ainsi que sur la détermination de mesures de gestion des risques qui dépendent du pergélisol comme barrière à la migration de contaminants. Les recommandations, et par conséquent cette présentation, portent sur le sort et le transport de contaminants dans les régions pergélisolées, les effets des changements climatiques sur la migration des contaminants, l’applicabilité des Recommandations canadiennes pour la qualité des sols, les approches aux travaux d’assainissement et à la gestion des risques appliquées aux régions pergélisolées afin d’atténuer la migration des contaminants et d’assainir les sols contaminés, les exigences en matière de surveillance visant à faire un suivi de l’efficacité et de l’intégrité à long terme des travaux d’assainissement dans des régions pergélisolées, ainsi que les conséquences du dégel du pergélisol sur la fermeture de sites contaminés et le passif à long terme. La présentation portera aussi sur des contaminants d’intérêt émergent, les substances perfluoroalkyles et polyfluoroalkyles (SPFA), dans le contexte des régions pergélisolées et des sites contaminés, des sites d’enfouissement, des stations de traitement des eaux usées et des biosolides.

Indra Kalinovic, associée et responsable des services techniques pour l’étude environnementale de sites et l’évaluation des risques, Dillon Consulting limitée
Indra Kalinovic est associée à Dillon Consulting limitée et est responsable des services techniques pour l’étude environnementale de sites et l’évaluation des risques; où elle exerce sa profession d’hydrogéochimiste au bureau de Winnipeg, au Manitoba. Elle est titulaire d’un doctorat en génie civil de l’Université Queen’s. Elle est ingénieure stagiaire (Ordre des ingénieurs de l’Ontario) et chimiste agréée (Association des chimistes professionnels de l’Ontario). Outre ses fonctions à Dillon Consulting, elle est professeure associée au Département de génie civil de l’Université du Manitoba. Elle a une expérience de plus de quinze ans de l’évaluation et de la gestion de sites contaminés dans le Nord canadien, avec une solide présence tant dans le monde universitaire que dans le monde du génie-conseil de sorte à offrir une perspective technique singulière.

Congélation à cœur : la prise en compte des répercussions possibles des changements climatiques sur le gel
Tauhid-Brian Thomas, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
L'objectif de cette présentation est de donner un aperçu de la façon dont le projet d’assainissement de la mine Giant prévoit de contenir 237 000 tonnes de poussières de trioxyde d’arsenic stockées sous terre et de la façon dont les changements climatiques ont eu une incidence sur la conception. L’accent sera mis sur la façon dont on s’y prendra pour construire une enveloppe congelée permettant de retenir les poussières dans un milieu fermé à l’aide de thermosiphons passifs, et ce, en incorporant des modèles de changements climatiques sur un siècle.  
Abstract

La mine Giant est située à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, à environ cinq kilomètres au nord du centre-ville. La mine a produit de l’or de 1948 à 1999 et du minerai pour la transformation hors site de 2000 à 2004. Après que le propriétaire de la mine eut été placé en redressement judiciaire en 1999, la mine Giant passa aux mains de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC, officiellement Affaires autochtones et du Nord Canada). RCAANC et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest assument encore la responsabilité de la gestion du site, dont une multitude de préoccupations en matière d’environnement qui doivent être abordées. L’une de ces préoccupations concerne la manière de gérer les quelque 237 000 tonnes de déchets de poussières de trioxyde d’arsenic actuellement entreposés sous terre.

Afin de répondre aux préoccupations environnementales au site minier, une proposition a été mise au point pour protéger la santé humaine, la sécurité publique et l’environnement. Le Plan d’assainissement de la mine Giant vise spécifiquement à gérer les poussières de trioxyde d’arsenic sous terre de manière à empêcher des émanations d’arsenic dans l’environnement immédiat et à atténuer autant que possible les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs et de la population pendant la mise en œuvre. À long terme, le Plan doit être robuste et efficace par rapport aux coûts.

L’idée est de confiner les poussières d’arsenic dans chaque zone souterraine de stockage en congelant la roche environnante à une température de -5 degrés Celsius.

La variabilité climatique constitue un risque important à prendre en considération dans la conception de systèmes de congélation du sol à la mine Giant. La conception repose sur des thermosiphons, qui s’activent dès qu’ils sont exposés à des conditions climatiques arctiques où la température de l’air est inférieure à la température du sol gelé. Afin de prédire le succès du gel au sol ou la possibilité d’un réchauffement climatique à venir, il faut envisager une projection des températures de l’air dans le futur. S’inspirant du cinquième rapport sur les changements climatiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le Projet d’assainissement de la mine Giant (PAMG) a intégré les considérations relatives aux changements climatiques dans la conception du gel. Ces dernières années, les prévisions de changements climatiques pour les Territoires du Nord-Ouest ont été révisées afin de tenir compte d’une meilleure compréhension de la façon dont les régions arctiques seront plus touchées par les changements climatiques que semblent l’indiquer les moyennes mondiales. En se fondant sur ces prévisions, les responsables du PAMG sont convaincus que le concept de congélation de chambres et de gradins tiendra la route pendant toute la durée du projet.

Tauhid-Brian Thomas, ingénieur principal, Direction du projet d’assainissement de la mine Giant, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
Tauhid-Brian Thomas est ingénieur principal à la Direction du projet d’assainissement de la mine Giant, à Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC). Son expérience de plus de quinze ans a porté sur la gestion de sites contaminés, la gestion de déchets dangereux et la gestion de projets. Au cours des dix dernières années, il s’est concentré sur les grands sites contaminés du gouvernement du Canada dans le Nord. Son travail pour le compte du ministère de la Défense nationale à atténuer le risque de contamination dans les stations du Réseau d’alerte avancé (Réseau DEW) de l’Arctique et à établir les éléments de la conception dans la perspective de la fermeture de la mine Giant à Yellowknife pour RCAANC lui a permis de se faire une idée des effets des changements climatiques sur les projets en milieu nordique.

Projet d’assainissement de la mine Faro : Fermeture de mine sur l’un des plus grands sites contaminés au Canada
Alain Therriault, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada
L'objectif de cette présentation est de faire le point sur l’avancement du Projet d’assainissement de la mine Faro et d’examiner les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du plan d’assainissement proposé.

** Cette présentation sera livrée en français.  
Abstract

Située au Yukon, à environ 200 km au nord-est de Whitehorse, la mine Faro a produit du plomb et du zinc par intermittence entre les années 1960 et 1998, année où la Anvil Range Mining Corporation a été placée en redressement judiciaire. À un certain moment, il s’agissait de la plus grande mine à ciel ouvert au monde et c’est maintenant l’un des plus grands sites contaminés au Canada, avec plus de 320 millions de tonnes de stériles et 70 millions de tonnes de résidus miniers, tous deux produisant de l’acide et lessivant des métaux qui se déversent ou s’infiltrent dans l’environnement immédiat. Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada est responsable du financement de l’assainissement du site de la mine Faro et travaille en étroite collaboration avec tous ses partenaires, notamment avec le gouvernement du Yukon, la nation Kaska et la Première Nation de Selkirk. La présentation permettra de faire le point sur l’évolution du projet et sur les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du plan d’assainissement proposé.

De 2003 à 2008, l’équipe chargée du projet a réalisé plusieurs études visant à caractériser les enjeux environnementaux du site. Ces études ont abouti à l’élaboration d’un certain nombre d’options de fermeture viables. En 2009, l’équipe est parvenue à un consensus et a privilégié l’option connue sous le nom d’approche de « stabilisation sur place ». Ce plan prévoit la mise à niveau des canaux de dérivation et des bassins de retenue afin de stabiliser les résidus en reconfigurant les inclinaisons de toutes les décharges de stériles et en améliorer ainsi la stabilité à long terme et en recouvrant les résidus et les stériles de toiles de hautes performances. Cette option prévoit également des systèmes à la fine pointe de la technologie de collecte et de traitement des eaux contaminées après la fermeture. Depuis 2009, l’équipe du projet s’emploie à peaufiner l’approche conceptuelle approuvée et à parachever un plan exhaustif de fermeture des lieux. En 2019, ce plan a été présenté au Conseil d’évaluation environnementale et socioéconomique du Yukon aux fins d’examen. Après la délivrance de tous les permis et licences nécessaires, la mise en œuvre du plan de fermeture devrait débuter en 2024 et prendre fin dans environ quinze ans.

Avant que l’exploitation minière ne débute, les gens de la nation Kaska vivaient de la terre. Par ailleurs, le site minier abandonné se trouve en amont du territoire ancestral de la Première Nation de Selkirk. Le gouvernement du Yukon prend acte des effets potentiels et considérables sur l’environnement, mais il s’intéresse aussi aux retombées économiques dont bénéficierait le territoire. Par conséquent, il y a un intérêt particulier à redonner au territoire la vocation qu’il avait eue avant l’exploitation minière et à atténuer autant que possible les impacts sur la qualité de l’eau tout en procurant à la région des retombées sociales et économiques. Aussi, par un dialogue permanent et respectueux entre les gouvernements, le Projet d’assainissement de la mine Faro s’engage à établir une relation positive et constante qui permettra à toutes les parties en cause d’y participer de façon significative.

Alain Therriault, gestionnaire, Politiques et gouvernance, Projet d’assainissement de la mine Faro, Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada

Une approche concertée pour lutter contre les impacts du mercure sur le réseau hydrographique English-Wabigoon
Mary Kelly1, Nelson Walter1 et Judith Da Silva2
1Wood Environment and Infrastructure Solutions
2Asubpeeschoseewagong Netum Anishinabek
L'objectif de cette présentation est de faire un bref historique des impacts de la pollution par le mercure sur Asubpeeschoseewagong Netum Anishinabek (Première Nation de Grassy Narrows) et de la façon dont ses connaissances du territoire ont orienté la recherche, la planification et l’exécution de travaux d’assainissement. Compte tenu des l’ampleur des défis et de la complexité de la problématique, nous communiquerons l’information émanant des échantillons prélevés et sur la façon dont cette information éclairera les options d’assainissement et leur évaluation.  
Abstract

Asubpeeschoseewagong Netum Anishinabek (ANA, ou Première Nation de Grassy Narrows) a plaidé et a travaillé en faveur d’une intervention pour lutter contre la contamination des eaux par le mercure; cette contamination continue d’affecter ses membres ainsi que d’autres peuples autochtones vivant à l’intérieur et à l’extérieur du territoire le long du réseau hydrographique English-Wabigoon, dans le nord-ouest de l’Ontario. Au cours des années 1960 et 1970, ce sont plus de neuf tonnes métriques de mercure qui ont été déversées dans le réseau hydrographique English-Wabigoon depuis une usine d’électrolyse chlore-alkali à Dryden, en Ontario. La contamination des cours d’eau par le mercure s’étend de Dryden à plus de 200 km en direction du nord-ouest. Depuis les années 1970, le mercure contamine les sédiments, l’eau et les poissons à des concentrations supérieures aux recommandations pour l’environnement et la consommation.

Le mercure a eu des impacts catastrophiques sur la communauté d’ANA. Autrefois une communauté culturellement et économiquement forte qui œuvrait dans le domaine des pêches commerciales et des services de guides, la culture de la communauté s’est désagrégée et les moyens de subsistance ont été détruits. Des rapports récents sur la santé dressent un tableau sombre du nombre de victimes que le mercure fait et continue de faire dans la collectivité. Les effets sur la santé touchent plus de 90 % des membres de la communauté qui ont participé à une étude faite par des experts japonais. Pas une seule génération n’est épargnée par les effets néfastes du mercure pour la santé et il y a moins d’aînés à Grassy Narrows que dans d’autres communautés de Premières Nations.

En 2017, l’Ontario a promulgué la Loi de 2017 sur le financement de l’assainissement des rivières English et Wabigoon afin de travailler à l’assainissement des rivières. En collaboration avec l’ANA, Wood Environment and Infrastructure Solutions et d’autres chercheurs ont prélevé des échantillons de plusieurs milieux pour mieux comprendre l’étendue et l’intensité des impacts. Des échantillons de sédiments, de poissons et d’eau ont été prélevés, avec l’aide de membres de la communauté ANA, grâce à un financement prévu dans cette loi en 2018 et 2019. Les résultats des analyses d’échantillons indiquent la présence de concentrations très élevées de mercure (plus de 50 000 ng/g) dans les sédiments de la rivière Wabigoon, en aval de la papetière de Dryden qui a rejeté le mercure dans la rivière. Bien que les concentrations de mercure dans les sédiments diminuent à environ deux ordres de grandeur dans des sections de la rivière à plus de 100 km en aval, les concentrations de mercure dans les poissons des zones en aval qui sont consommés par les membres de la communauté de la Première Nation de Grassy Narrows dépassent toujours les recommandations de la province pour les populations sensibles et continuent de représenter un risque pour les personnes qui comptent davantage sur le poisson pour s’alimenter.

La participation concertée à la recherche et à la planification de l’assainissement permettra de multiplier encore davantage les possibilités d’apprendre, d’enseigner et de faire des affaires et, par la même occasion, de mieux comprendre les impacts de sorte à protéger la santé de la population humaine et à redynamiser la culture, ce qui profitera aux générations actuelles et futures.

Mary Kelly, conseillère principale, responsable de l’initiative sur l’environnement humain et les entreprises autochtones, Wood Environment and Infrastructure Solutions

L’intégration des savoirs locaux est essentielle au succès de l’assainissement de sites d’anciennes mines d’uranium
Ian Wilson et Joseph Muldoon
Saskatchewan Research Council
L'objectif de cette présentation est de donner un bref récit de la façon dont les savoirs ancestraux peuvent être appliqués avec succès aux projets d’assainissement. Ce récit portera essentiellement sur une approche axée sur l’établissement progressif de liens de confiance avant même de recueillir et d’intégrer les savoirs et illustrera des applications spécifiques aux projets d’assainissement. La structure du récit sera à l’image d’une étude de cas réussie.  
Abstract

L’intégration des savoirs locaux est la clé du succès de tous les aspects du processus d’assainissement des anciens sites d’uranium et est facilement transférable entre pays et projets. Cela étant dit, avant que pouvoir intégrer ces savoirs, il faut d’abord tisser des liens de confiance avec les gens de la localité et voir à ce que tous comprennent bien l’essence du projet. Pour ce faire, la confiance de la communauté locale et la connaissance du projet ne peuvent se développer que par une approche axée sur des principes autour d’une vision commune du projet, d’une communication bidirectionnelle des savoirs, d’une convergence quant aux objectifs du projet et d’une compréhension des besoins locaux dès les tout débuts du processus d’assainissement. Une fois acquises la confiance de la population locale et une bonne compréhension du projet, il faut les maintenir tout au long du processus d’assainissement. La compréhension du projet est une entreprise continue qui nécessite une communication permanente et l’application de différentes méthodes en vue de réussir.

Au cours de la gestion de l’évaluation, de l’assainissement et du suivi post-assainissement du projet CLEANS (Cleanup of Abandoned Northern Sites, assainissement de 37 anciennes mines d’uranium dans le Nord de la Saskatchewan, au Canada), l’intégration des savoirs locaux s’est avérée un outil déterminant pour la réussite. Au cours de l’évaluation du site, l’intégration des savoirs locaux a inclus l’élaboration et la réalisation de relevés de l’utilisation des terres afin de déterminer concrètement les déplacements concrets et l’occupation effective de ces anciens sites, et à proximité de ceux-ci, et d’études sur les savoirs ancestraux au sujet du site et sur l’utilisation des terres, études qui ont contribué à l’acquisition de connaissances précises sur l’utilisation des terres locales, l’utilisation des ressources, les régimes alimentaires traditionnels et l’histoire des êtres humains des sites. L’acquisition de savoirs locaux au cours du processus d’évaluation n’a pas de prix, car elle permet d’obtenir les informations nécessaires à la planification de l’assainissement, comme : les éléments des écosystèmes qui sont valorisés, l’utilisation de la chaîne trophique par les êtres humains, la durée de l’occupation des lieux, l’évaluation des valeurs culturales et les facteurs futurs d’utilisation des sols. Au stade de la planification des activités d’assainissement, il est également possible d’intégrer les savoirs locaux et ancestraux en déterminant les espèces qui conviennent le mieux à la végétalisation, en élaborant des options d’assainissement et en privilégiant certaines et en fixant des objectifs réalistes de développement durable de sorte à les matérialiser dans des projets locaux. Au cours des activités d’assainissement du site, la participation locale peut être sous forme de main-d’œuvre directe et de machinerie, de surveillance des ressources culturelles (c.-à-d., la protection de ressources archéologiques et patrimoniales), de logistique locale et de transferts d’informations historiques, ainsi que de communications avec les intervenants et d’aide à la participation. Après la phase d’assainissement, la participation locale s’avère un mécanisme efficace pour des activités de surveillance à long terme et de soins et d’entretien des lieux.

Bien qu’il puisse y avoir des différences entre pays, régions et sites, le processus comme tel d’assainissement d’anciennes mines d’uranium peut être universellement plus efficace par l’intégration des savoirs locaux, tout en développant la participation des parties prenantes et des droits et en renforçant les capacités.

Joseph Muldoon, vice-président, Division de l’environnement et des biotechnologies, Saskatchewan Research Council
Joseph Muldoon a acquis une expérience de plus de trente ans au sein du gouvernement provincial et du gouvernement fédéral. Il est actuellement vice-président de la Division de l’environnement et des biotechnologies au Saskatchewan Research Council. Il s’est notamment penché sur les applications réglementaires, stratégiques et opérationnelles de la gestion de l’environnement et des ressources, du règlement des conflits, de la médiation et de la gestion du changement. Ses études ont été couronnées par un baccalauréat ès sciences (biologie), une maîtrise en administration des affaires, et un doctorat en politiques publiques (recherche majeure sur l’exploitation des gîtes d’uranium). M. Muldoon a occupé de nombreux postes, dont ceux que voici : sous-ministre adjoint à la Division de la gestion de l’environnement du ministère de l’Environnement de la Saskatchewan, directeur exécutif à la Direction générale de la protection de l’environnement du ministère de l’Environnement de la Saskatchewan, et, gestionnaire principal à la Direction générale de la participation du public et des affaires autochtones, ministères de l’Environnement et de la Gestion des ressources de la Saskatchewan.

Intérêts des parties prenantes, logistique dans le Nord et objectifs d’assainissement : la quête d’un juste équilibre sur la question du sentier Canol
Jean-Pierre Pelletier1, Caitlin Moore2, Rebecca Studer-Halbach2 et Alix Rive1
1Englobe
2Services publics et Approvisionnement Canada
L'objectif de cette présentation est de mettre en évidence les difficultés rencontrées lors de l’établissement de la portée et de l’exécution à un rythme rapide d’un projet dynamique en milieu nordique tout en atteignant ses objectifs, notamment : réduire les dommages à l’environnement et aux utilisateurs des terres tout en conservant l’importance historique du sentier Canol, optimiser l’emploi et les retombées économiques pour les Autochtones et collaborer avec des partenaires autochtones pour intégrer les savoirs ancestraux.  
Abstract

Le sentier Canol faisait partie du projet CANOL (Canadian Oil), une initiative de coopération entre les États-Unis et le Canada, pour assurer un ravitaillement continu en pétrole aux forces américaines stationnées dans le Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. Entre 1942 et 1945, des canalisations ont été aménagées sur une distance approximative de 2 650 km le long de la route Canol, qui traverse le pergélisol et les sols saturés de glace des étendues sauvages des Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) et du Yukon. Des infrastructures ont été construites pour assurer le bon fonctionnement des oléoducs, dont 1 600 km de lignes téléphoniques, des stations de pompage, des bâtiments-dortoirs, des réservoirs d’hydrocarbures pétroliers et des dépendances. Au début de ce projet d’assainissement, une grande partie des infrastructures de transport par pipeline étaient encore en place, entraînant ainsi divers risques pour la santé humaine et l’environnement.

Le projet d’assainissement du sentier Canol a été entrepris par Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) pour le compte de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) et a nécessité la collaboration de divers organismes gouvernementaux ainsi que la participation et la coopération d’organismes de réglementation et d’autres groupes de parties prenantes. En 2007, le Groupe de travail sur l’assainissement du sentier Canol a été mis sur pied et réunissait les parties au projet de Tulita et de Norman Wells, dans les Territoires du Nord-Ouest, afin d’émettre des observations sur la prise en compte des savoirs ancestraux dans la portée du projet et une participation systématique tout au long de l’exécution du projet.

Le plan de mesures correctives du Projet d’assainissement du sentier Canol était une combinaison d’activités d’assainissement et de gestion des risques qui ont été retenues pour concilier les contraintes logistiques du site et la réduction ou l’élimination des risques pour l’environnement et la santé humaine, et le maintien de la vision de vocation future du site, à savoir celle d’un parc territorial. Avant ce programme d’assainissement, un projet de nettoyage sur trois ans avait été entrepris pour retirer les câbles téléphoniques tombés le long du sentier. Le projet de nettoyage des câbles a permis de renforcer les capacités des communautés locales et l’expérience acquise grâce à ce projet a bénéficié à l’assainissement par l’apport de savoirs locaux et de l’expérience des membres du personnel.

Ce projet s’est confronté à des difficultés propres aux régions éloignées en milieu nordique, alors que la plupart des sites ne sont accessibles qu’en hélicoptère. Tous les déchets (dangereux et non dangereux) et les sols contaminés ont été transportés au moyen d’élingues depuis les sites vers des aires d’entreposage temporaire, puis transportés vers des installations d’élimination autorisées. Une base d’opérations établie à Norman Wells en 2018 et au point milliaire 222 (près de la frontière du Yukon) en 2019 a nécessité la mobilisation quotidienne de l’équipage, de l’équipement et le transport de déchets sur de longues distances. Dans le cas de la plupart des sites, entre un et trois jours ont suffi pour les assainir, ce qui a accéléré le rythme de ce projet et laissait peu de temps pour s’adapter aux modifications à la portée ou aux imprévus du site.

L’un des principaux objectifs du projet consistait à optimiser la participation des Autochtones et les retombées sociales et économiques pour les communautés locales des Dénés et Métis du Sahtu. Le gros de la main-d’œuvre a été embauchée à Tulita, à Norman Wells, à Deline et à Fort Good Hope, tandis que les fournisseurs et les sous-traitants de Norman Wells et de Tulita ont joué un rôle majeur dans le projet. De plus, une disposition du contrat d’assainissement stipulait qu’un conseiller en savoirs ancestraux devait travailler directement avec Englobe pour assurer la liaison entre l’entrepreneur et la communauté.

Cette présentation mettra en évidence les difficultés rencontrées lors de l’établissement de la portée et de l’exécution à un rythme rapide d’un projet dynamique en milieu nordique tout en atteignant ses objectifs, notamment : réduire les dommages à l’environnement et aux utilisateurs des terres tout en conservant l’importance historique du sentier Canol, optimiser l’emploi et les retombées économiques pour les Autochtones et collaborer avec des partenaires autochtones pour intégrer les savoirs ancestraux.

Caitlin Moore, gestionnaire de projet, Groupe de gestion des services environnementaux et des sites contaminés, Services publics et Approvisionnement Canada
Caitlin Moore est ingénieure en environnement et possède une expérience de plus d’une décennie dans le domaine des projets d’assainissement dans le Nord, y compris les anciens sites du réseau DEW, les sites miniers abandonnés et les anciens sites d’exploration pétrolière et gazière. Elle est actuellement gestionnaire de projet au Groupe de gestion des services environnementaux et des sites contaminés de Services publics et Approvisionnement Canada.

Jean-Pierre Pelletier, Directeur de projets, Génie environnemental, Nord du Canada, Englobe
Jean-Pierre Pelletier a obtenu un baccalauréat ès sciences (chimie) de l’Université Laval en 1990. Au début de sa carrière, il a géré et supervisé les chantiers de plusieurs projets d’assainissement du pourtour des Grands Lacs. M. Pelletier a également réalisé de nombreuses évaluations environnementales de sites et études d’impact environnemental et il a produit plusieurs rapports et articles scientifiques et techniques pour Environnement et Changement climatique Canada – région de l’Ontario. Il a acquis une vaste expérience des projets d’assainissement en milieux maritimes et terrestres. Depuis 2005, M. Pelletier a géré et supervisé plusieurs projets, de vastes à plus restreints, d’évaluation environnementale et d’assainissement dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut.

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